En 7 ans, Blackrock est devenu la première société de gestion mondiale avec plus de trois trillions de dollars sous gestion. Les raisons de son développement tiennent à la qualité intrinsèque de sa gestion, à ses opérations de croissance externe, et aussi à sa capacité de présenter une gamme de gestion diversifiée et spécialisée allant de la gestion active à la gestion passive.
Il est toujours intéressant et vivifiant d'écouter un stratège américain. Sur un ton soutenu et entrainant, il nous a persuadé de l'attractivité pour les actions américaines, en 2012 et, à un peu plus long terme, de l'intérêt d'un investissement sur les pays émergents (bien que ce ne soit pas son domaine de prédilection).
A la base de ses prévisions, l'amélioration de la situation de la dette européenne est l'hypothèse forte qui conditionne le rebond de la conjoncture boursière. Optimisme aidant, il envisage une sortie honorable de la négociation des dettes gouvernementales de la zone euro et cela malgré la recession économique européenne qu'elle devrait connaitre l'année prochaine.
L'économie américaine confirmerait son redressement, avec un léger rebond de sa croissance à 2.5%,une inflation sous contrôle de 1.5% et un taux de chômage qui aurait plus de mal à se résorber. Les résultats des entreprises seraient satisfaisants. Mais, en règle générale, les effets négatifs en oeuvre empêcheraient un rebond de trop forte ampleur à court et moyen terme, compte tenu des effets de l'assainissement budgétaire public et privé, de la faiblesse des marchés immobiliers et de la baisse des crédits de consommation des ménages.
Dans ce contexte, la croissance des pays émergents (et en particulier deux économies : la Chine et l'Inde) contribuerait positivement à hauteur des 2/3 à la croissance mondiale. Celle ci serait de 3.2%, la croissance des Etats-Unis atteindrait 2.3%, celle du Japon 0.4%, celle de l'Europe -1%, celle de l'Inde 7.2% et celle de la Chine 7.9%. (Prévisions de Blackrock Asset Management).
Les taux américains remonteraient et les marges de crédit se ressereraient. La fuite vers la qualité pourraient s'inverser avec l'amélioration de la conjoncture et le regain de la confiance. La réduction de la marge de crédit proviendrait de la remontée des cours des actions et de la qualité des résultats des entreprises. Dans ce cadre, la troisième aisance quantitative américaine pourrait être évitée.
La performance attendue des actions américaines serait de 10% ( 6% de hausse des résultats, 2 % de dividendes et 2% d'amélioration de valorisation du PE). Ce qui placerait, à ce stade, les actions américaines parmi les actifs financiers les plus rentables devant ceux du Japon, des pays émergents et de l'Europe. Les principaux secteurs à privilégier étant l'industrie pharmaceutique et l'Energie.
Compte tenu de ces analyses, le stratège envisage trois scenarii:
- le plus probable avec 70% de probabilité d'occurences,consiste en une hausse modérée des marchés actions du fait d'une progression molle de la croissance et des bénéfices, une sortie lente des problèmes budgétaires européens,
- le deuxième, avec 20% de probabilité, table sur une baisse des marchés basée sur un échec des négociations en Europe, une difficulté de financement des déficits américains, et une propagation de la récession européenne au reste du monde,
- et, enfin, le troisième, avec 10% de probabilité, un scénario de hausse, fondé sur un rebond de la croissance américaine et une résolution rapide des problèmes européens et un regain de la confiance sur les marchés.
Jean Christophe Cotta
Allocation & Sélection
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